Historique de la médiation animale

a. Naissance de la médiation par l’animal
La relation Homme-Animal existe depuis très longtemps. Il y a près de 12000 ans, les chiens, par exemple, accompagnaient les hommes pour la chasse, la cueillette, et se sont apprivoisés. En vivant l’un près de l’autre, les chiens finissent par dépendre de l’homme pour la nourriture, ou encore pour les soins. Dorénavant, ils vivent en famille et sont domestiqués.
Au fur et à mesure, le chien a appris différentes activités selon ses capacités : gardien de troupeau, chien de chasse, chien de traineau, chien d’avalanche, chien de douane, sauveteur en mer, guide d’aveugle ou encore chien médiateur. Nombreux sont les exemples de coopération entre les animaux et les hommes.

Au IXème siècle, en Belgique, à Gheel, dans un établissement pour malades mentaux, des patients s’occupant d’oiseaux avaient tendance à retrouver moral et confiance.

En 1792, William Tuke, docteur anglais, qui a fondé la York Retreat, domaine pour « malades mentaux », a amené des lapins et volailles dans un asile afin d’améliorer les conditions de vie des patients, en leur demandant de s’en occuper. En prenant soins de ces animaux, un sentiment d’utilité et de responsabilité est apparu chez les patients.

Dans les années 1850, durant la guerre de Crimée, Florence Nightingale, infirmière britannique et pionnière des soins infirmiers modernes, souhaite améliorer la prise en charge des malades. Elle laisse une tortue à l’hôpital dans le but de réconforter les patients et d’apaiser leur anxiété.

En 1953, le pédopsychiatre américain Boris Levinson a découvert fortuitement que la présence de son chien lors d’une consultation avait des effets bénéfiques auprès d’un jeune patient autiste mutique, qui s’exprima pour la première fois en face de son chien Jingle. Répétant l’expérience, c’est là qu’est née la zoothérapie appelée Pet Facilitated Psychitherapy. Boris Levinson a publié plusieurs ouvrages sur les bienfaits de la présence animale auprès des patients dont Pets and Human Development, Charles Thomas en 1972.

Le couple de psychiatres américains, Samuel et Elisabeth Corson, a ensuite développé les travaux de Boris Levinson.

b. Comment la médiation animale a évolué en France
En France, à Bordeaux, en 1976, le vétérinaire Ange Condoret s’est intéressé lui aussi aux travaux de Boris Levinson et a développé la méthode IAMP : Intervention Animale Modulée Précoce, afin de favoriser la communication non verbale des enfants en présence des animaux.

Le terme zoothérapie est arrivé en France depuis le Canada dans les années 2000, et François Beiger, psychanalyste et éthologiste canin, créa l’Institut de Formation de Zoothérapie en 2003.
Mais le suffixe « thérapie », en France, se rapporte à une notion de soin, de traitement.
Le terme zoothérapie se comprend souvent comme si l’animal était lui-même le thérapeute. Mais il s’applique quand l’intervenant est à la base lui-même professionnel de la santé : médecin, psychologue… Un zoothérapeute est un professionnel thérapeute à la base, formé en plus à pratique de médiation animale.

Adrienne et Pierre Sommer ont créé la fondation portant leur nom en 1971 dans le but de soutenir toute action en direction de l’enfance associant l’animal. Depuis 2003, ils lancent tous les ans un appel à projet et financent les établissements porteurs de projets. Ils ont missionné un Groupe d’Etude et de Recherche sur la Médiation Animale GERMA pour réfléchir à la relation par la médiation animale et pour réfléchir à une charte de bonnes pratiques. C’est là que le terme de médiation animale est utilisé.

L’association française « Licorne et Phenix » est créée en 2010, Didier Vernet en est président. Son but : proposer des espaces de rencontre et d’échanges autour de la médiation animale en fédérant les acteurs, les éthologues, les scientifiques et les amis de la médiation animale. La Charte des bonnes pratiques de la médiation par l’animal est rédigée.

En janvier 2020, la Fédération Française des Professionnels de la Relation d’Aide par la Médiation Animale (FFPRAMA) est créée par des membres d’AGATEA. Le projet est de développer un code de déontologie de la pratique, d’offrir des services et des packs (comptabilité, assurances, soutien…) à ses adhérents par mutualisation. La FFPRAMA permet surtout à la pratique de la médiation animale d’avoir une représentativité au niveau de l’Etat, et donc une légitimité.

L’association « Licorne et Phenix » et la fondation « Adrienne et Pierre Sommer » sont adhérents à la fédération IAHAIO, (International Association of Human-Animal Interaction Organizations) association regroupant une centaine de pays portant un intérêt aux interactions homme/animal. La FFPRAMA y adhèrera également.

c. Aujourd’hui
La pratique de la médiation par l’animal se professionnalise.
En effet, plusieurs formations existent et certaines sont reconnues par l’état, amenant à une certification voire un diplôme comme dans l’organisme de formation AGATEA. Ce qui est un argument pouvant rassurer les établissements faisant appel à des prestataires.

Des spécialisations peuvent être suivies en formation continue, pour évoluer professionnellement, comme par exemple médiation par l’animal et handicap, trouble du spectre autistique, gérontologie, Montessori etc… en fonction du public auprès de qui l’intervenant exerce.

Les différentes associations et fédérations permettent d’analyser ses pratiques professionnelles afin de s’améliorer. Les réseaux de professionnels intervenant en médiation par l’animal sont importants : ils partagent leurs outils, des méthodes.